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Quand le street art et le sport influencent le renouvellement urbain

Quand le street art et le sport influencent le renouvellement urbain

Le jardin Nelson Mandela est une des composantes majeures du projet de renouvellement urbain du quartier des Halles. Inauguré par Anne Hidalgo la maire de Paris en mai 2018, ce jardin évolue et se voit enrichi d’un nouvel espace, un terrain multisports devenu œuvre d’art grâce à l’intervention du street-artiste Romain Froquet.

A partir du mercredi 19 décembre, les adolescents pourront profiter d’un nouveau terrain pour jouer au ballon. La Ville de paris a décidé de consacrer 300 m² du jardin Nelson Mandela à un terrain multisports complètement gratuit et en libre accès. Ce terrain accueillera un terrain de foot, deux demi-terrains de basket-ball, un pour les petits et un pour les adolescents et les grands, un espace avec deux tables de tennis de table et deux assises avec des jeux d’échecs.

Pour réaliser ce projet, Jean-François Legaret, maire du Ier arrondissement, a sollicité l’aide de Nicolas Laugero Lasserre, expert en art contemporain. C’est le street-artiste Romain Froquet qui a été choisi pour la réalisation de ce playground à vocation sportive et artistique. Il s’est inspiré de l’art ethnique et de l’esthétique urbaine et a voulu recréer “un bout de ciel” au sol. Les enfants ont même pu choisir les couleurs dominantes de cette création !

 

La genèse du projet

En 2015, les élus de Paris du Ier, IIème arrondissement ainsi que de la mairie centrale, reçoivent un mail de jeunes du quartier des Halles-Montorgueil. Le constat est simple, ils n’ont pas d’espace extérieur libre pour vivre leurs jeux d’enfants. Alors, ils demandent à rencontrer les élus afin d’élaborer un projet car ils ont une idée en tête. Martine Figueroa, adjointe en charge de la petite enfance, de la famille, de la jeunesse et des sports à la mairie du Ier arrondissement, porteuse active du projet, les reçoit pour entendre et comprendre leur démarche.

Mais malgré un accueil bienveillant, le contexte foncier étant très complexe, aucune possibilité n’émerge spontanément et les jeunes décident de continuer leur mobilisation avec une liste de sites  » testés  » pour jouer au ballon et une pétition manuscrite portée par les enfants des collèges Jean-Baptiste Poquelin et César Franck, qui a recueilli 400 signatures.

Cette action citoyenne des enfants, forme active de démocratie participative, touche tout particulièrement l’ensemble des élus, qui sollicitent par l’intermédiaire de Jean-François Martins, adjoint au Sport, tourisme, Jeux Olympiques et Paralympiques, la direction de la Jeunesse et des Sports de la Ville de Paris pour étudier la faisabilité d’un tel projet.La mission innovation explore avec la direction des espaces verts les différentes possibilités dans le jardin des Halles, le playground est lancé : un terrain multisports de 300m2 en accès libre dans le jardin Nelson Mandela.

Ce terrain accueillera un terrain de foot, deux demi-terrains de basket-ball, un pour les petits et un pour les adolescents et les grands, un espace avec deux tables de tennis de table et deux assises avec des jeux d’échecs, soit un espace intergénérationnel et familial.
Mais ce n’est pas tout, dès le début, le contexte du projet amène la mission innovation à imaginer un projet ambitieux, notamment en ce qui concerne la création de l’espace et il est rapidement proposé aux enfants d’en faire un lieu coloré, clair et atypique, une œuvre d’art. Les jeunes adhèrent immédiatement et participent activement à chaque étape de la construction du programme sportif et artistique. Le comité de pilotage, mis en place par Martine Figueroa et constitué de l’ensemble des élus impliqués et du chef de projet, Paolo Guidi, sous l’impulsion de Jean-François Legaret, maire du Ier arrondissement, décide de solliciter, Nicolas Laugero Lasserre commissaire d’exposition et expert en art contemporain, afin d’accompagner au mieux cette partie si particulière du projet. Pour l’élue du Ier chargée de le Jeunesse et des Sports  “il est important, en effet, que ce projet des jeunes devienne réalité et que l’art s’allie au sport dans un esprit de proximité” .

Une liste de 9 artistes franciliens est élaborée et soumise au choix des jeunes afin de retenir 3 artistes pour leur demander de faire des propositions concrètes. Un jury, constitué des enfants et des élus choisit l’artiste qui sera amené à réaliser cette mise en valeur de l’ensemble du futur playground.

 

Romain Froquet, street-artiste parisien, choisi par les élus et les collégiens pour la création d’un équipement sportif et artistique


Le playground se situe entre deux pôles majeurs d’art contemporain à Paris, le Centre culturel de Pinault et le Centre Pompidou, la création d’un projet artistique d’art contemporain dans le jardin situé entre les deux y a tout son sens. Pour cette intervention artistique, Nicolas Laugero Lasserre est sollicité.

“J’ai eu tout de suite envie de me mobiliser sur ce projet qui permettait de placer l’art au cœur d’un playground destiné à des jeunes. Le travail de Romain Froquet est apparu comme une évidence par son harmonie, son travail de courbes et son excellente réputation  » commente Nicolas Laugero Lasserre, expert en street-art.

L’objectif a double vocation : sportive et artistique. Ainsi le street-artiste fait parti intégrante du projet, dès la conception jusqu’à la réalisation de sa fresque.
“Le contexte de la réalisation de ce playground m’a beaucoup touché et influencé dans la manière d’envisager mon intervention artistique sur ce projet. Je comprends l’importance que cela peut avoir pour les jeunes de disposer d’un espace qui leur est dédié, où se retrouver, se dépenser, se confronter dans les règles du jeu. J’aime beaucoup le sport : j’aime l’esprit d’équipe et toute la satisfaction que l’on peut tirer d’une pratique sportive. Ce sont des instants de vie et de partage qui réunissent des personnes issues de tous milieux” raconte Romain Froquet, artiste peintre.

Après les échanges de présentation du projet qui ont permis aux 3 artistes de proposer leur vision, Romain Froquet est choisi début juin lors du jury et il se met à travailler avec l’équipe projet, les enfants, les élus, les techniciens et le chef de projet afin de proposer une déclinaison finale avant l’été. Sur la base de son travail mais également des nombreux échanges qu’il a pu avoir depuis sa sélection par le jury, notamment ceux avec les enfants, Romain Froquet précise sa vision fin juin 2018 et laisse aux enfants et aux élus le choix final pour la gamme de couleur du futur espace.

“Je n’avais jamais réaliser de fresque au sol. C’est une contrainte originale qui m’a permis de découvrir une amplitude et une dimension nouvelle dans mon tracé. Ce qui m’intéresse c’est la ligne mais plus encore son mouvement sur la surface. J’ai orienté mon choix de couleurs vers une gamme vives et lumineuses en privilégiant les surfaces de bleu, j’avais envie de recréer au sol, un bout de ciel”  commente Romain Froquet.

 

A propos de Romain Froquet
Romain Froquet est un artiste français, né à Villeurbanne en 1982. Il vit et travaille à Paris. Artiste autodidacte, il fait ses premiers pas dans le domaine artistique en 2000.
A force de répétition et de travail de la ligne il finit par développer son propre langage pictural. Il puise ses inspirations dans l’art ethnique et l’univers urbain. Il est aussi à l’aise en exécutant des dessins à l’encre de chine sur papier, ou en travaillant la matière et la couleur sur toile en atelier que lors d’interventions in situ. Sa quête principale est la recherche de l’équilibre au travers de la gestuelle.
Il n’hésite pas à développer cette recherche lors d’expositions ou de résidences artistiques en France ou à l’étranger ; en Inde, aux Etats-Unis et en Russie.
http://romainfroquet.fr/

Source : http://www.presseagence.fr

 

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