COSMOS 2026 : repenser les équipements sportifs à l’aube d’un tournant politique

Le 9 avril 2026, à Paris, un constat s’est imposé :
le sport est à un moment charnière de son développement territorial.

À l’approche des élections municipales de 2026 puis des échéances nationales de 2027, les politiques publiques sportives vont être profondément questionnées.
Mais derrière les annonces et les investissements, une interrogation de fond persiste :

Les équipements sportifs actuels répondent-ils encore aux usages réels ?

C’est précisément cette question qui a structuré le Hub organisé par le COSMOS. Pour lire le nouveau Guide de la mesure et de l’amélioration de l’impact économique des structures sportives , c’est ici 

Le COSMOS : un acteur structurant du sport en France

Le COSMOS (Conseil Social du Mouvement Sportif) est l’organisation représentative des employeurs du sport en France.

Il fédère :

  • clubs sportifs
  • fédérations
  • structures associatives
  • acteurs économiques du sport

Son rôle dépasse largement le cadre institutionnel.
Il agit comme un pont entre les réalités de terrain et les politiques publiques, notamment sur les enjeux d’emploi, de structuration économique et de développement des pratiques.

À travers ses événements, comme ce Hub, il met en lumière des problématiques concrètes auxquelles sont confrontés les territoires.

Un événement au croisement des enjeux économiques et politiques

Organisé à La Bellevilloise, l’événement a réuni décideurs publics, acteurs du sport et experts du secteur autour de deux temps forts :

  • une restitution du guide sur les modèles économiques des clubs amateurs
  • une table ronde consacrée aux impacts du cycle électoral 2026–2027

L’objectif était clair :
croiser les visions pour anticiper les transformations à venir.

Car au-delà des chiffres et des études, une réalité s’impose :
le modèle sportif français est en mutation.

La prise de parole de Nicolas Lovera : du terrain à la stratégie

Invité à intervenir lors de la seconde table ronde, Nicolas Lovera, CEO de Playgones, a apporté un éclairage terrain essentiel.

Son intervention s’est articulée autour de trois axes majeurs :

1. Le décalage entre équipements et usages

Aujourd’hui, de nombreux équipements sportifs sont :

  • sous-utilisés
  • mal adaptés aux pratiques actuelles
  • déconnectés des usages spontanés

 Le problème n’est plus uniquement quantitatif.
Il est structurel.

2. Repenser les espaces de pratique, indoor et outdoor

Les collectivités doivent désormais intégrer :

  • la diversité des publics (enfants, adolescents, seniors)
  • l’évolution des pratiques (libres, hybrides, informelles)
  • l’activation de l’espace public

Cela implique une transformation profonde de la manière de concevoir les projets.

3. Investir différemment dans les infrastructures sportives

Dans un contexte politique et budgétaire incertain, la question n’est plus seulement :
combien investir ?

Mais :
comment investir pour maximiser l’usage et l’impact ?

C’est ici que la notion de design actif prend tout son sens.

Design actif : une réponse aux défis des territoires

Chez Playgones, cette vision se traduit par une approche concrète :

  • transformer les espaces en lieux de pratique
  • multiplier les opportunités de mouvement
  •  intégrer le sport dans le quotidien

Le design actif permet de :

  • lutter contre la sédentarité
  • favoriser la mixité des usages
  • optimiser les investissements publics

Il ne s’agit plus de créer des équipements isolés,
mais de construire un écosystème de mouvement.

2026–2027 : un tournant décisif pour le sport

Les prochaines échéances électorales vont jouer un rôle déterminant.

Elles vont conditionner :

  • les stratégies d’investissement
  • les priorités territoriales
  • la place du sport dans les politiques publiques

Mais une chose est certaine :
les collectivités qui réussiront seront celles capables de penser usage avant équipement.

Conclusion : du projet sportif au projet de société

Cet événement du COSMOS a permis de mettre en lumière une évolution majeure :

Le sport n’est plus seulement une question d’infrastructures.
C’est un levier de transformation des territoires.

Pour les acteurs publics comme privés, l’enjeu est désormais clair :
concevoir des espaces vivants, inclusifs et durables.

Crédit photo : Matthieu Suprin