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Les enfants de parents hélicoptères et le monde réel

Les enfants de « parents hélicoptères » et le monde réel

La «parentalité hélicoptère» peut avoir des effets psychologiques néfastes sur l’avenir des enfants.

Parents « hélicoptères » ou « Drone » ou « Hyper-parents » sont des expressions de plus en plus répandues. En quelques mots, un parent « hélicoptère » ne fait confiance ni à l’énergie positive du développement de son enfant ni à la société qui l’entoure.

Avec Playgones, notre activité nous amène à réaliser de nombreuses aires de jeux et à nous confronter avec la réalité des normes, de leur respect et usages.
Nous sommes tous inquiets de la sédentarité qui menace les enfants. Dans un monde devenu hyperprotecteur, nous sommes partisans du jeu libre, un concept adopté dans d’autres pays, devenu un phénomène de société,  loin de notre politique de santé publique.

Dans une aire de jeux, il ne faut pas confondre prise de risque et mise en danger. La prise de risque est nécessaire au développement de l’enfant et dans les apprentissages. C’est elle qui va permettre à l’enfant de connaitre ses limites et de les dépasser. Elle est primordiale et cette notion de risque est effacée par des normes trop nombreuses et drastiques.
Vous avez probablement déjà entendu des parents dire à leurs enfants, de ne pas remonter le toboggan à l’envers ? Alors que c’est une rare chose que l’enfant peut réaliser en dehors des règles sur une aire de jeux.

Arrêtons d’interdire. La place de l’enfant dans notre société a évolué. Nous sommes à une époque où l’enfant occupe une double place : d’une part, celle d’un individu à part entière avec ses droits et devoirs et d’autre part, celle d’enfant, être fragile que l’adulte se doit de protéger.

C’est sur ce concept de sur-protection que porte la question de fond . Ce que l’on constate, jour après jour, sur les aires de jeux, n’est qu’un stigmate d’une cicatrice sociétale bien plus profonde.


Une
étude de la Florida State University a révélé que les enfants qui avaient des parents hélicoptères étaient plus susceptibles de souffrir d’épuisement professionnel et qu’ils avaient plus de mal à passer de l’école au monde réel.

Pour l’étude, des chercheurs de la Florida State University ont interrogé 427 étudiants (âgés de 18 à 29 ans) sur leur éducation et ce qu’ils pensaient de leurs performances à l’école.
Les élèves ont classé dans quelle mesure ils se sont identifiés à des déclarations telles que «je pense que mon père / ma mère est trop impliqué dans ma vie», «j’aurais aimé avoir plus d’autodiscipline» et «je me sens émotionnellement vidé par mes études».

A noter que les étudiants ayant des « parents hélicoptères » ont des niveaux d’épuisement professionnel plus élevés à l’école.
Les chercheurs définissent les « parents hélicoptères » comme ceux qui «surveillent excessivement» leurs enfants et sont trop impliqués ou contrôlent d’une manière qui n’est pas appropriée. Au lieu d’enseigner, et de donner des clés à leurs enfants pour leur apprendre à gérer les obstacles, les « parents hélicoptères » leur ouvrent trop souvent la voie.

Selon les auteurs de cette étude, la plupart du temps, les « parents hélicoptères » se comportent de cette façon parce qu’ils ne veulent pas que leurs enfants échouent. Mais aussi parcequ’ils se sentent personnellement investis dans leur réussite.
L’ironie est que lorsque les enfants sont trop « aidés » par leurs parents, ils ne développent pas de “compétences de maîtrise de soi” qui sont nécessaires pour atteindre des objectifs à long terme.
Les élèves peuvent subir des pressions scolaires dans le seul but de réussir pour leurs parents, mais ils n’ont pas les ressources d’autorégulation pour faire face au stress.

En conséquence, ils pourraient se sentir “de plus en plus impuissants, désespérés et irrités, faisant moins d’efforts pour leurs études, ce qui conduit à de mauvais résultats”, selon Frank Fincham, directeur du FSU Family Institute dans un communiqué . “Dans certains cas, les étudiants finissent par abandonner leurs études.”

À quoi ressemble l’épuisement professionnel chez un enfant? Les chercheurs l’ont défini comme «l’épuisement dû au travail scolaire, aux attitudes cyniques envers l’école et à l’insuffisance perçue des réalisations scolaires».
Au-delà de l’école, cette recherche met vraiment en évidence l’importance de la parentalité même, lorsque les enfants quittent la maison.
La parentalité hélicoptère envoient des signaux néfastes aux enfants. Signes que leurs parents prendront toutes les décisions importantes de leur vie :la planification de leur avenir et le suivi de leurs performances.
Au fil du temps, les enfants auront l’impression que tout ce qu’ils entreprennent, ils le font pour leurs parents, de sorte qu’ils perdent toute motivation personnelle pour réussir.
Ce fait est particulièrement troublant pour les adultes qui passent de l’école au «monde réel» ou du collège au lycée. D’autres études ont montré que les adolescents (au cours de leurs études), qui ont des « parents hélicoptères », ont des niveaux d’efficacité inférieurs et un manque de confiance en eux. De plus, ils éprouvent également plus d’anxiété et sont plus sujets à la dépression,. Ils font part également d’un plus grand manque de satisfaction à l’égard de la vie et de leur santé.

 

Apprenons à faire confiance à nos enfants. L’éducation oblige à des prises de risque permanentes. Comme le dit Martin Heidegger : « Ne sommes-nous pas en sursis dès notre naissance ? » Toute action humaine a sa part de risque. Et naturellement, l’enfant construit ses conduites en s’engageant dans l’action.
La meilleure chose que les parents puissent faire est de laisser un maximum d’autonomie et d’indépendance à l’enfant. Une éducation bienveillante pour faciliter un développement sain,
et les guider pour qu’ils développent des compétences de maîtrise de soi. Ce qui leur permettra, non seulement de s’épanouir à l’âge adulte, mais aussi de les aider à atténuer les effets de l’épuisement professionnel.

Laissons les jouer

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