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L’étonnant phénomène des courses d’obstacles

L’étonnant phénomène des courses d’obstacles

Importées des États-Unis au début de la décennie, ces épreuves mêlant performance et ludisme séduisent près de 300 000 coureurs en France.

Au programme : dépassement de soi. C’est le maître mot de ce type de course. Au choix, un parcours de 5 km et 20 obstacles (version sprint) ou 13 km semés d’une trentaine d’embûches (version « super »), en mode du « runner »,on oublie l’habit de para militaire.

 

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« Un décathlon moderne »

Prenons l’exemple des Spartan Race – groupe né aux États-Unis et présent aujourd’hui dans une quarantaine de pays, dont l’Hexagone depuis 2013 – sont sans doute les plus sportives des courses à obstacles, qui ont atteint un pic en 2016 avec près de 250 courses en France.

Des courses en toute sécurité

Depuis 2017, c’est la Fédération française d’athlétisme qui, par délégation ministérielle, est chargée d’édicter un cadre pour que ces courses se déroulent en toute sécurité.

 

La participation des séniors en hausse

Le gros des athlètes est composé de 24-35 ans, des hommes pour 70 %.. La participation des seniors est en hausse,et on voit même se créer une catégorie de 60 ans et plus. Toutes les courses ne misent pas ainsi sur des amateurs confirmés.

Certaines comme La Ruée des ­fadas, ­SoMad ou la Frappadingue se veulent plus accessibles et parient sur l’entraide et l’aspect ludique, avec déguisements conseillés. The Mud Day, organisée par ASO, promoteur du Tour de France, mêle les deux : l’élite et le grand délire. Au total, ces courses enregistrent tout de même près 300 000 participants annuels.

Comment expliquer le phénomène ? « La pratique est d’abord dans la droite ligne de la société individualiste issue des années 1980, analyse Jean Corneloup, sociologue à l’université de Grenoble spécialiste des cultures récréatives (1). Elle repose sur un goût de la performance où il ne s’agit pas seulement d’endurer de la souffrance, mais de prouver son efficacité, sa capacité à se relever, à aller au bout d’un projet. On retrouve là des valeurs entrepreneuriales, et ce n’est pas un hasard si les entreprises présentent aussi des équipes sur ces courses. Ensuite, il y a une dimension postmoderne : on participe à des micro-aventures ludiques où l’on sort de sa zone de confort et où l’on se donne surtout en spectacle, on se met en scène. » La pratique tire d’ailleurs profit des réseaux sociaux, sur lesquels se forment de vraies communautés et fleurissent les photographies des exploits de chacun.

(1) Auteur de Sociologie des pratiques récréatives en nature. Du structuralisme à l’interactionnisme, Éd. du Fournel, 2016.